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Le pétrole, après la crise du coronavirus?

 Quel avenir pour le pétrole, après la crise du coronavirus?

La crise provoquée par la pandémie de la COVID-19 a eu pour effet de réduire temporairement la demande pour le pétrole. Mais une fois l’onde de choc passée, l’appétit pour cette ressource fossile devrait repartir à la hausse, faute de plan ambitieux pour réduire notre dépendance à l’or noir, y compris au Canada. Les experts consultés par Le Devoir jugent toutefois qu’il est primordial de s’y attaquer, afin de limiter les bouleversements du climat.

L’image était forte. En avril, près des côtes de la Californie, plusieurs dizaines de pétroliers étaient à l’arrêt, stockant en mer des millions de barils de pétrole qui n’étaient plus nécessaires dans l’immédiat, en raison des impacts de la crise de la COVID-19. Un scénario qui s’est reproduit dans d’autres régions côtières du monde et qui persiste, avec au moins 150 millions de barils actuellement en attente sur des navires. Sans compter tout le pétrole stocké sur la terre ferme.

Avec la reprise de l’activité économique, la demande pour le pétrole a toutefois repris de la vigueur, et le prix du baril a regagné une partie de la valeur perdue au cours des derniers mois. Il faut dire que la demande mondiale, qui a reculé jusqu’à environ 70 millions de barils par jour au plus fort de la crise, est déjà en croissance.

 L’Agence américaine d’information sur l’énergie prévoit d’ailleurs une demande quotidienne de 84 millions de barils au cours des prochains mois, tout en estimant que la levée progressive des mesures de confinement devrait mener à une demande avoisinant les 95 millions de barils d’ici la fin de 2020. À titre de comparaison, cette demande était de 100 millions de barils à la fin de 2019.

Cela ne signifie pas nécessairement que la consommation de pétrole retrouvera son niveau de l’an dernier ou qu’elle continuera sa croissance au cours des années à venir. Même le grand patron de la pétrolière BP, Bernard Looney (qui a annoncé récemment 10 000 mises à pied d’ici la fin de 2020), « n’écarte pas l’idée » d’un pic de production à 100 millions de barils, qui durerait plusieurs années, avant une lente décroissance.

 L’Association canadienne des producteurs pétroliers prédisait pourtant il y a quelques mois à peine que la demande demeurerait très forte et qu’elle serait toujours de 106 millions de barils par jour en 2040.